Publié le Mon Mar 25 2024 00:00:00 GMT+0000 (Coordinated Universal Time) par Diane
La gestion des risques, ou l’art de dormir tranquille
Tu sais ce qui différencie les entrepreneurs qui durent de ceux qui disparaissent en 2 ans ? Ce n’est pas le talent, ni même le produit. C’est leur capacité à anticiper les problèmes avant qu’ils n’arrivent.
La gestion des risques, ça semble ennuyeux. Mais perdre 3 mois de revenus parce que tu n’avais pas de plan B, c’est encore plus ennuyeux.
Les 5 catégories de risques que tu ignores probablement
1. Risques financiers
Le classique : Ton plus gros client représente 60% de ton CA. S’il part, tu meurs.
À surveiller :
- Dépendance à un seul client (règle : aucun client > 30% du CA)
- Trésorerie insuffisante (minimum 3 mois de charges en réserve)
- Impayés clients (facture d’avance ou acompte systématique)
- Erreurs de pricing (tu vends peut-être à perte sans le savoir)
2. Risques opérationnels
Le classique : Ton site crash le jour du lancement de ta promo.
À surveiller :
- Dépendance à un seul outil (Stripe, ton hébergeur, ton CRM)
- Absence de sauvegardes (tes données clients, tes contenus)
- Processus non documentés (que se passe-t-il si tu es malade 2 semaines ?)
- Surcharge de travail chronique (le burnout est un risque business)
3. Risques juridiques
Le classique : Un client mécontent menace de te poursuivre.
À surveiller :
- CGV floues ou inexistantes
- Utilisation d’images/contenus sans droits
- Non-conformité RGPD
- Statut juridique inadapté à ton activité
4. Risques de réputation
Le classique : Un avis négatif viral sur les réseaux sociaux.
À surveiller :
- Promesses non tenues aux clients
- Communication de crise inexistante
- Dépendance à ton image personnelle (si tu ES la marque)
- Partenariats avec des acteurs douteux
5. Risques stratégiques
Le classique : Un géant du web lance exactement ton produit, en gratuit.
À surveiller :
- Marché qui évolue sans toi
- Technologie qui rend ton offre obsolète
- Nouveaux concurrents avec plus de moyens
- Changement de réglementation dans ton secteur
La matrice des risques (version simple)
Pour chaque risque identifié, pose-toi 2 questions :
- Probabilité : Est-ce que ça risque vraiment d’arriver ? (Faible / Moyenne / Forte)
- Impact : Si ça arrive, c’est grave comment ? (Faible / Moyen / Fort)
Priorité de traitement :
- Probabilité forte + Impact fort = URGENT (traite immédiatement)
- Probabilité forte + Impact faible = Surveille régulièrement
- Probabilité faible + Impact fort = Prépare un plan B
- Probabilité faible + Impact faible = Ignore (pour l’instant)
Les 4 stratégies de mitigation
1. Éviter le risque
Principe : Ne pas faire l’activité risquée.
Exemple : Tu hésites à lancer un produit dans un marché hyper concurrentiel avec des géants établis ? Peut-être que le risque n’en vaut pas la chandelle.
2. Réduire le risque
Principe : Diminuer la probabilité ou l’impact.
Exemples concrets :
- Diversifier tes clients (réduire la dépendance)
- Faire des sauvegardes automatiques (réduire l’impact d’une perte de données)
- Tester ton produit avant le lancement (réduire le risque d’échec)
3. Transférer le risque
Principe : Faire porter le risque par quelqu’un d’autre.
Exemples concrets :
- Assurance RC Pro (transfert du risque juridique)
- Sous-traiter les tâches techniques (transfert du risque opérationnel)
- Demander des acomptes (transfert du risque d’impayé)
4. Accepter le risque
Principe : Décider consciemment de vivre avec.
Quand c’est OK :
- Le coût de mitigation est supérieur à l’impact potentiel
- C’est un risque inhérent à ton activité
- Tu as un plan de réponse si ça arrive
Ton plan de gestion des risques en 5 étapes
Étape 1 : L’inventaire (30 min)
Liste tous les risques auxquels tu peux penser. Utilise les 5 catégories ci-dessus comme guide. Ne te censure pas, note tout.
Étape 2 : L’évaluation (15 min)
Pour chaque risque, note :
- Probabilité (1-3)
- Impact (1-3)
- Score = Probabilité × Impact
Trie par score décroissant.
Étape 3 : Les plans d’action (1h)
Pour les 5 risques avec le score le plus élevé :
- Quelle stratégie de mitigation ?
- Quelle action concrète ?
- Quelle deadline ?
Étape 4 : Les indicateurs d’alerte
Définis des signaux qui t’alertent AVANT que le risque se matérialise :
- CA d’un client qui dépasse 25% du total
- Trésorerie qui passe sous X€
- Plus de 3 retours clients négatifs en un mois
Étape 5 : La revue trimestrielle
Tous les 3 mois :
- Nouveaux risques identifiés ?
- Risques qui ont évolué ?
- Actions de mitigation réalisées ?
Le kit de survie minimum
Même si tu ne fais rien d’autre, mets en place ces 5 protections :
- 3 mois de trésorerie en réserve (non négociable)
- Sauvegardes automatiques de toutes tes données critiques
- CGV solides relues par un pro
- Assurance RC Pro adaptée à ton activité
- Diversification client : aucun client > 30% du CA
Les signaux d’alarme à ne jamais ignorer
🚨 Tu dois agir immédiatement si :
- Un client représente > 50% de ton CA
- Tu n’as plus qu’un mois de trésorerie
- Tu travailles plus de 60h/semaine depuis 2 mois
- Tu as reçu une mise en demeure ou menace juridique
- Ton outil principal est en panne et tu n’as pas d’alternative
Plan d’action immédiat
Cette semaine :
- Calcule ton ratio de dépendance client (CA du plus gros client / CA total)
- Vérifie que tes sauvegardes fonctionnent
- Note les 3 risques qui te font le plus peur
Ce mois-ci :
- Fais ton inventaire complet des risques
- Traite le risque n°1
- Mets en place au moins 2 éléments du kit de survie
La gestion des risques, c’est pas de la paranoïa. C’est de la sagesse. Les entrepreneurs qui durent sont ceux qui espèrent le meilleur mais se préparent au pire.
Écrit par Diane
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